Bases des intérêts bancaires
- Convention choisie : la base 360 divise par 360 jours et génère un intérêt légèrement supérieur à la base 365.
- Impact fiscal : prélèvements sociaux et PFU réduisent le gain net, mais l’avantage de la base 360 subsiste sur gros montants.
- Conseil pratique : vérifier la convention, comparer le rendement net et demander un exemple chiffré avant de signer.
La façon dont une banque calcule les intérêts d’un placement à court terme peut sembler technique, mais elle influe directement sur le rendement que vous percevez. Deux conventions courantes sont la base 365 et la base 360 : le principe est simple, on multiplie le capital par le taux et par le nombre de jours, puis on divise par une base annuelle. Si la formule est similaire, le choix du dénominateur modifie le montant final. Cet article explique la différence, donne des exemples chiffrés et traite de la conversion du brut en net en tenant compte de la fiscalité applicable.
Formules et logique
Formule générale : Intérêts = Capital × Taux × Jours ÷ Base.
Pour la base 365, la formule devient Intérêts = C × r × n ÷ 365. Pour la base 360, la seule différence est le dénominateur : Intérêts = C × r × n ÷ 360. Comme 360 est plus petit que 365, la base 360 produit un intérêt légèrement supérieur pour une même durée et un même taux. Les banques ou établissements financiers indiquent généralement la convention appliquée dans les conditions du produit.
Pourquoi certaines institutions utilisent la base 360 ?
La base 360 vient d’usages historiques et de simplifications comptables : considérer l’année comme 12 mois de 30 jours facilite certains calculs et contrats commerciaux. Elle est fréquente dans les prêts, les lignes de crédit et parfois dans certains comptes à terme. Pour le titulaire du produit, cela signifie un léger avantage financier lorsque la banque applique la base 360 au calcul des intérêts créditeurs. L’écart reste faible sur une année, mais devient plus notable sur des montants importants ou des durées fractionnées.
Exemple chiffré : 5 000 € à 2 %
Considérons 5 000 € placés à 2 % sur une période de 365 jours :
- Base 365 : Intérêts = 5 000 × 0,02 × 365 ÷ 365 = 100,00 €.
- Base 360 : Intérêts = 5 000 × 0,02 × 365 ÷ 360 ≈ 101,39 €.
La différence est d’environ 1,39 € sur un an pour un capital de 5 000 €. Si le capital était de 50 000 €, l’écart serait d’environ 13,89 €. Ainsi, plus le capital est élevé, plus la différence en euros devient perceptible. Sur des durées courtes (quelques jours ou mois), la base choisie peut également modifier le calcul pro rata temporis.
Du brut au net : prélèvements sociaux et impôt (PFU)
Les intérêts perçus sur un compte à terme sont soumis aux prélèvements sociaux et à l’impôt. En France, les prélèvements sociaux s’élèvent à 17,2 % et s’appliquent sur le montant brut des intérêts. L’imposition peut se faire au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % qui combine impôt sur le revenu et prélèvements sociaux, mais attention : le PFU reprend 12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux, et les prélèvements sociaux sont parfois déjà prélevés à la source selon les situations. Le contribuable peut aussi opter pour l’imposition au barème de l’impôt sur le revenu si cela est plus favorable selon sa tranche marginale d’imposition.
Exemple pour 5 000 € à 2 % :
- Base 365 : intérêt brut 100,00 €.
- Prélèvements sociaux (17,2 %) : 17,20 €.
- Impôt au PFU (12,8 %) : 12,80 €.
- Montant net approximatif : 100 – 17,20 – 12,80 = 70,00 €.
Avec la base 360 (intérêt brut ≈ 101,39 €), les prélèvements et l’impôt augmentent proportionnellement, et le net devient ≈ 70,97 €. L’impact fiscal atténue l’avantage de la base 360 mais ne l’annule pas complètement.
Comparer avec d’autres produits : Livret A et assurance-vie
Le Livret A reste exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux, mais son taux est réglementé et souvent inférieur aux offres promotionnelles de certains comptes à terme. L’assurance-vie présente une fiscalité avantageuse au-delà de huit ans, mais elle comporte des frais et des conditions différentes, ainsi qu’une possible exposition aux marchés selon les supports choisis. Le choix dépendra donc de votre horizon, votre besoin de liquidité et de votre situation fiscale.
Conseils pratiques pour le souscripteur
- Vérifiez dans les conditions du compte la convention de calcul (base 360 ou 365) et la méthode d’arrondi.
- Comparez le rendement net après prélèvements sociaux et impôt, pas seulement le taux brut affiché.
- Considérez la durée effective du placement : pour des durées non entières en année, le choix de la base a plus d’impact.
- Si votre revenu fiscal est faible, comparez PFU et imposition au barème pour choisir l’option la plus avantageuse.
- Pour des montants importants, calculez l’écart en euros entre les deux bases avant de décider.
La différence entre base 365 et base 360 est simple mais réelle : la base 360 augmente légèrement les intérêts perçus. Cependant, la fiscalité réduit cet avantage ; il reste donc utile de comparer le rendement net. En pratique, l’horizon de placement, la hauteur du capital et votre fiscalité personnelle déterminent le choix optimal. Avant toute souscription, demandez un exemple chiffré fourni par l’établissement et utilisez un simulateur pour comparer brut et net selon les conventions appliquées.